On reste, Dieu merci à la merci d’un conifère
D’un silence inédit, d’une seule partie de jambe en l’air
Le soleil est assis du mauvais côté de la mer
Quelle aventure, quelle aventure!
On reste, Dieu merci à la merci d’un abris-bus
Ne reste pas ici, on entend sonner l’angélus
Le soleil n’est jamais plus triste que les cirques russes
Quelle aventure, quelle aventure!
On reste, Dieu merci à la merci d’un engrenage
D’un verre de Campari, du bon vouloir de l’équipage
Paris est si petit quand on le regagne a la nage
Quelle aventure, quelle aventure!
On flâne, on flaire,
On flaire la flamme, singulière
On gagne, on perd
On perd la gagne, la superbe
On reste Dieu merci à la merci de l’amour-crasse
D’un simple démenti d’une mauvaise vie, d’une mauvaise passe
Le silence est aussi pesant qu’un porte avion qui passe
Quelle aventure, quelle aventure!
On reste, Dieu merci à la merci d’un sacrifice,
D’une mort à crédit, d’un préjugé, d’un préjudice
Le soleil s’enfui comme un savon soudain qui glisse
Quelle aventure, quelle aventure!
On flâne, on flaire,
On flaire la flamme, singulière
On gagne, on perd
On perd la gagne, la superbe
On reste Dieu merci à la merci d’un imputable
Du plafond décrépit qu’on observe a l’horizontale
Le soleil est parti la neige tombe sur les dalles
Quelle aventure, quelle aventure!
On reste dieu merci à la merci d’un lampadaire
D’une douleurs endormie, d’un chaste spleen un soir d’hiver
La vieillesse ennemie reste la seule pierre angulaire
Quelle aventure, quelle aventure!
On flâne, on flaire,
On flaire la flamme, singulière
On gagne, on perd
On perd la gagne, la superbe
la superbe…
On reste Dieu merci a la merci d’une étincelle
Quelque part a Paris ou au fin fond du bar d’un hôtel
Dès la prochaine vie jurer de se rester fidèles
Quelle aventure, quelle aventure!
la superbe,la superbe,
la superbe,la superbe.
Quelle aventure, quelle aventure!
La superbe – Benjamin Biolay